Calculateurs hydrauliques
Des outils de calcul rapides pour dimensionner ou vérifier un circuit hydraulique. Chaque calculateur affiche la formule utilisée : l'objectif est autant de comprendre que de calculer. Les résultats se mettent à jour automatiquement dès que vous modifiez une valeur.
Puissance hydraulique
Puissance transportée par le fluide à partir du débit et de la pression.
P (kW) = Q (L/min) × p (bar) ÷ 600
Puissance hydraulique « utile ». La puissance du moteur d'entraînement doit être supérieure pour compenser les rendements de la pompe.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLa puissance hydraulique, c'est l'énergie que le fluide transporte chaque seconde. Un gros débit à faible pression peut transmettre autant de puissance qu'un petit débit à haute pression.
🔴 ExpertCette puissance « utile » ne tient pas compte des rendements : la puissance mécanique à fournir sur l'arbre de pompe est plus élevée (Parbre = Phydraulique ÷ ηglobal, avec ηglobal = ηv × ηm ≈ 0,85 en général). En cycles courts, ne confondez pas puissance crête et puissance moyenne pour le dimensionnement thermique du groupe.
Débit d'une pompe
Débit fourni par une pompe selon sa cylindrée et sa vitesse de rotation.
Q (L/min) = Cyl (cm³/tr) × N (tr/min) × ηv ÷ 1000
ηv vaut typiquement 90 à 98 % pour une pompe en bon état. Un débit mesuré nettement inférieur au calcul est un signe d'usure interne.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLa cylindrée indique le volume d'huile déplacé à chaque tour de l'arbre ; multipliée par la vitesse de rotation, elle donne le débit théorique. Le rendement volumétrique corrige ce chiffre pour tenir compte des fuites internes, inévitables dans toute pompe.
🔴 Expertηv diminue avec la pression (glissement interne croissant) et avec l'usure des composants internes : comparer le débit mesuré à chaud au débit théorique est un bon indicateur d'état de pompe. Respectez aussi la plage de vitesse de rotation du constructeur — trop lente favorise la cavitation à l'aspiration, trop rapide accélère l'usure et l'échauffement.
Couple sur l'arbre
Couple théorique d'une pompe ou d'un moteur hydraulique.
C (Nm) = Cyl (cm³/tr) × Δp (bar) ÷ 62,8
62,8 = 20 × π. Pour une pompe, le couple réel à fournir est plus élevé (divisez par le rendement mécanique) ; pour un moteur, le couple réel disponible est plus faible.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLe couple ne dépend que de la cylindrée et de la différence de pression, pas de la vitesse de rotation — une pompe qui tourne lentement développe le même couple qu'une pompe rapide, à pression égale.
🔴 ExpertLe rendement mécanique chute encore au démarrage à froid — un point à vérifier pour le dimensionnement du moteur électrique d'entraînement, qui doit encaisser ce couple de démarrage plus élevé sans déclencher sa protection thermique.
Force d'un vérin
Force développée en sortie et en rentrée de tige, à partir des diamètres et de la pression.
F (N) = p (bar) × S (cm²) × 10
S = π×D²/4 côté fond, π×(D²−d²)/4 côté tige. La force en rentrée est toujours plus faible : la tige « vole » une partie de la surface du piston.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLa force dépend de la surface du piston exposée à la pression. Côté tige, une partie de cette surface est « prise » par la tige elle-même : c'est pourquoi un vérin pousse toujours plus fort qu'il ne tire.
🔴 ExpertPour les tiges longues et fines (grand élancement course/diamètre), vérifiez le risque de flambage (formule d'Euler) avant de fixer le diamètre de tige. En cas de chocs ou de fins de course dures, gardez une marge par rapport à la pression de tarage du limiteur : la pression instantanée peut la dépasser.
Vitesse d'un vérin
Vitesse de la tige en sortie et en rentrée pour un débit donné.
v (m/s) = Q (L/min) ÷ (6 × S (cm²))
À débit égal, la tige rentre plus vite qu'elle ne sort : la surface annulaire est plus petite, donc le même débit la remplit plus vite.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantÀ débit constant, un piston de grand diamètre se déplace plus lentement qu'un piston fin : il faut plus d'huile pour remplir le même volume balayé.
🔴 ExpertVitesse et force évoluent en sens inverse à débit et pression donnés : le choix du diamètre est souvent un compromis fixé par le temps de cycle visé. Au-delà d'environ 0,1–0,3 m/s en fin de course, un amortisseur (coussinet hydraulique) devient nécessaire pour éviter les chocs sur la culasse.
Vitesse du fluide en conduite
Vitesse d'écoulement dans un tube ou flexible, pour vérifier le dimensionnement.
v (m/s) = 21,2 × Q (L/min) ÷ d² (mm)
| Ligne | Vitesse conseillée |
|---|---|
| Aspiration | 0,6 – 1,2 m/s |
| Retour | 2 – 4 m/s |
| Pression | 3 – 6 m/s |
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantUne conduite trop étroite pour le débit qui la traverse crée des pertes de charge et un échauffement inutiles ; une conduite trop large est simplement surdimensionnée — sans risque, mais plus chère et plus encombrante.
🔴 ExpertLes plages du tableau sont des repères généraux : resserrez-les pour les huiles très visqueuses ou les circuits longs. L'aspiration mérite une marge de sécurité supplémentaire par temps froid, quand la viscosité de démarrage est nettement plus élevée qu'en service.
Nombre de Reynolds
Caractérise le régime d'écoulement : laminaire (régulier) ou turbulent (pertes de charge accrues, échauffement).
Re = 1000 × v (m/s) × d (mm) ÷ ν (cSt)
Repère : une huile HV 46 fait 46 cSt à 40 °C. En hydraulique, on cherche à rester en régime laminaire (Re < 2300).
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLe nombre de Reynolds indique si l'écoulement est réglé (laminaire) ou chahuté (turbulent). Un écoulement turbulent consomme plus d'énergie, chauffe plus et use plus vite les composants.
🔴 ExpertLe seuil de 2300 est valable pour un tube lisse rectiligne ; coudes, raccords et variations de section abaissent le Reynolds critique réel. Comme la viscosité chute avec la température, un circuit laminaire à chaud peut devenir turbulent au démarrage à froid — pensez à vérifier les deux cas.
Viscosité selon la température
Viscosité réelle de l'huile sélectionnée à la température du circuit, calculée à partir de sa fiche technique (viscosité à 40 °C, à 100 °C et VI).
log log(ν + 0,7) = A − B × log T (K)
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💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLa viscosité, c'est la « fluidité » de l'huile : trop fluide, elle ne forme plus un film suffisant entre les pièces en mouvement (usure) ; trop épaisse, elle est difficile à pomper, surtout au démarrage à froid.
🔴 ExpertL'indice de viscosité (VI) traduit la stabilité de cette viscosité avec la température : plus il est élevé (huiles HV), plus l'écart entre démarrage à froid et fonctionnement à chaud est réduit. Croisez toujours ce résultat avec la température ambiante minimale du site et le type de composants du circuit — servovalves et distributeurs proportionnels exigent une plage de viscosité plus stricte que la robinetterie standard.
Temps de course d'un vérin
Durée de sortie et de rentrée de tige pour une course et un débit donnés.
t (s) = V (L) × 60 ÷ Q (L/min)
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLe temps de course dépend du volume à remplir (section × course) et du débit disponible : à débit égal, un vérin plus gros ou une course plus longue prend logiquement plus de temps.
🔴 ExpertCe calcul donne un temps « plein débit », donc optimiste : en cycle réel, il faut ajouter le temps de commutation du distributeur et les rampes d'accélération/décélération, ce qui allonge le temps constaté de l'ordre de 10 à 20 %.
Diamètre de conduite conseillé
Diamètre intérieur minimal pour rester sous la vitesse conseillée selon le type de ligne.
d (mm) = √(21,2 × Q (L/min) ÷ vmax (m/s))
Choisissez ensuite le tube ou flexible de dimension normalisée immédiatement supérieure : un diamètre plus grand réduit les pertes de charge et l'échauffement.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantCe résultat est un diamètre minimal, pas une dimension commerciale : choisissez toujours la taille de tube ou flexible normalisée immédiatement supérieure.
🔴 ExpertUn diamètre trop juste accélère le vieillissement des flexibles par échauffement répété ; sur les lignes longues, une marge supplémentaire limite les pertes de charge cumulées. Vérifiez le régime d'écoulement résultant avec le calculateur de nombre de Reynolds.
Accumulateur : volume utile
Volume d'huile restituable par un accumulateur à vessie entre deux pressions de service (loi des gaz, pressions absolues).
ΔV = V₀ × p₀ × (1/pmin − 1/pmax)
Gonflage conseillé : p₀ ≈ 0,9 × pmin (à vérifier huile à température de service). Les pressions saisies sont relatives (manomètre) : le calcul ajoute 1 bar pour passer en absolu. ⚠️ Le gonflage se fait exclusivement à l'azote.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantUn accumulateur stocke de l'énergie hydraulique comme un ressort à gaz : le volume utile est la quantité d'huile qu'il peut restituer entre la pression mini et la pression maxi du circuit.
🔴 ExpertLe cycle isotherme (lent) et le cycle adiabatique (rapide) donnent deux bornes : un fonctionnement réel, avec à-coups, se situe généralement entre les deux. Le gonflage à l'azote doit être recontrôlé périodiquement — la vessie laisse diffuser une petite quantité de gaz avec le temps — et toujours mesuré à froid, avant remise en pression du circuit.
Vitesse d'un moteur hydraulique
Vitesse de rotation obtenue pour un débit donné — le calcul inverse de celui du débit de pompe.
N (tr/min) = Q (L/min) × 1000 × ηv ÷ Cyl (cm³/tr)
Une grande cylindrée donne un moteur lent et couple élevé ; une petite cylindrée, un moteur rapide et couple faible.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantUn moteur hydraulique, c'est une pompe qui fonctionne à l'envers : au lieu de consommer de la rotation pour produire du débit, il consomme du débit pour produire de la rotation.
🔴 ExpertUne partie du débit fuit en interne sans produire de rotation, d'où le rendement volumétrique — d'autant plus pénalisant que le moteur tourne lentement, car les fuites ne dépendent que de la pression, pas de la vitesse. Aux très basses vitesses, surveillez aussi le phénomène de broutage (stick-slip) : consultez la vitesse minimale garantie par le constructeur, souvent bien plus contraignante que le calcul.
Pertes de charge en conduite
Pression perdue par frottement sur une longueur de tube ou de flexible, et puissance correspondante transformée en chaleur.
Δp = λ × (L ÷ d) × ρ × v² ÷ 2
Calcul valable pour un tube lisse rectiligne. Les coudes, raccords et cartouches ajoutent des pertes supplémentaires, à prendre dans les données du fabricant.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantToute pression perdue en frottement est de l'énergie transformée en chaleur : elle fait monter la température de l'huile sans produire aucun travail utile. C'est de l'énergie payée mais perdue.
🔴 ExpertLe coefficient λ vaut 64/Re en régime laminaire, où la perte de charge est proportionnelle au débit ; en turbulent, la corrélation de Blasius s'applique et la perte varie approximativement au carré du débit. Doubler le diamètre divise la perte par environ 32 en laminaire — le diamètre est de très loin le paramètre le plus efficace.
Diamètre d'un gicleur
Diamètre d'orifice calibré à percer pour obtenir un débit visé sous une différence de pression donnée. La viscosité et la masse volumique réelles de l'huile choisie, à la température de service, sont utilisées pour le calcul.
Q = Cd × A × √(2 Δp ÷ ρ) → d = √(4A ÷ π)
Huile utilisée dans le circuit :
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantUn gicleur est un trou calibré qui laisse passer un débit précis sous une pression donnée. Plus la pression est forte, plus il passe de débit dans le même trou — le débit varie comme la racine carrée de la pression, pas proportionnellement à elle.
🔴 ExpertLe coefficient de débit Cd n'est constant qu'en régime turbulent dans l'orifice (Re > 1000 environ) : c'est justement l'intérêt d'un orifice à arête vive, peu sensible à la viscosité, contrairement à un étranglement long qui se comporte en restricteur laminaire. À froid ou sur les très petits diamètres, on retombe en régime visqueux et le débit chute — d'où le contrôle systématique du nombre de Reynolds affiché ici. La masse volumique tient compte de la famille d'huile (les esters biodégradables sont plus denses d'environ 6 %) et de sa dilatation avec la température.
Débit à travers un orifice
Le calcul inverse du précédent : débit réellement obtenu à travers un gicleur ou un orifice existant, utile en diagnostic.
Q = Cd × A × √(2 Δp ÷ ρ)
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantUtile pour vérifier un gicleur en place : si le débit mesuré est nettement supérieur au calcul, l'orifice s'est probablement agrandi par érosion ; s'il est inférieur, il est en train de se colmater.
🔴 ExpertAux fortes différences de pression, la vitesse dans l'orifice peut approcher la vitesse à laquelle la pression locale descend sous la tension de vapeur de l'huile : apparaissent alors cavitation, bruit et érosion en aval. C'est le cas typique d'une prise de pression pilote fortement laminée — répartir la chute sur deux orifices en série est une parade classique.
Bilan thermique et échangeur
Chaleur produite par l'ensemble du circuit, température que l'huile atteindrait sans refroidisseur, et puissance d'échangeur à prévoir pour tenir une température cible.
Pdiss = Phyd × (1 − η) · Téq = Tamb + Pdiss ÷ (k × S)
Ordre de grandeur en régime établi, avec la seule convection naturelle du réservoir : ce n'est pas un calcul normatif. Les tuyauteries et les composants évacuent aussi une part de la chaleur.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantToute l'énergie perdue dans l'installation — rendements des composants, laminages, pertes de charge — finit en chaleur dans l'huile. Le réservoir en évacue une partie par ses parois ; au-delà, il faut un échangeur. Au-dessus d'environ 60 °C, l'huile s'oxyde nettement plus vite.
🔴 ExpertLe coefficient k dépend beaucoup de la ventilation et de la propreté des parois : un réservoir encoffré ou couvert de poussière évacue bien moins que la valeur théorique. Pour un dimensionnement sérieux, distinguez la puissance crête de la puissance moyenne sur le cycle machine — c'est la moyenne qui fixe la taille de l'échangeur, la crête qui fixe l'inertie thermique acceptable. Ce calculateur traite le bilan global ; pour la chaleur produite par un seul étranglement, utilisez « Échauffement et puissance dissipée ».
Échauffement et puissance dissipée
Puissance transformée en chaleur par un laminage (limiteur, étranglement, décharge) et température d'équilibre atteinte par le réservoir sans refroidisseur.
P (kW) = Q × Δp ÷ 600 · ΔT = P ÷ (k × S)
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantToute la pression perdue sans produire de mouvement se retrouve en chaleur dans l'huile. Un limiteur de pression qui décharge en permanence est un vrai radiateur : c'est la première cause d'huile qui chauffe sur une installation.
🔴 ExpertLa surface d'échange est estimée à partir d'un réservoir approximé cubique : affinez-la si vous connaissez la géométrie réelle, et n'oubliez pas que les tuyauteries participent aussi à l'évacuation. Au-delà d'environ 60 °C, la durée de vie de l'huile est approximativement divisée par deux tous les 10 °C supplémentaires, et la viscosité chute — croisez ce résultat avec le calculateur de viscosité pour vérifier qu'il reste du film d'huile à la température d'équilibre.
Puissance du moteur d'entraînement
Puissance mécanique à installer sur l'arbre de pompe, et couple correspondant au régime de rotation choisi.
Pmoteur = Phyd ÷ ηglobal · C = 9550 × P ÷ N
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLa pompe consomme toujours plus que ce qu'elle transmet à l'huile : le moteur doit couvrir la puissance hydraulique plus les pertes. C'est le rendement global qui fait la différence.
🔴 ExpertAu démarrage à froid, la viscosité élevée augmente fortement le couple résistant : gardez une marge, surtout sur un moteur thermique. Vérifiez la compatibilité entre le couple de démarrage et le calibre de la protection thermique du moteur électrique, et raisonnez sur la puissance moyenne du cycle machine, pas seulement sur la crête.
Caractéristiques du moteur électrique
Vitesse réelle, couple et courant absorbé d'un moteur asynchrone triphasé, à partir de sa puissance et de son nombre de pôles.
Ns = 120 × f ÷ pôles · I = P ÷ (√3 × U × cos φ × η)
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLe nombre de pôles fixe la vitesse : deux pôles tournent vite, huit pôles tournent lentement. À puissance égale, un moteur lent développe plus de couple — et coûte plus cher.
🔴 ExpertLe glissement n'est pas une perte de rendement mais la condition même du fonctionnement de l'asynchrone : sans écart entre le champ tournant et le rotor, aucun couple n'est produit. Le courant de démarrage en direct atteint 5 à 7 fois le nominal ; le démarrage étoile-triangle le divise par trois, mais divise aussi le couple de démarrage par trois — à vérifier face au couple résistant de la pompe à froid.
Choix d'un moteur hydraulique
Cylindrée et débit nécessaires pour obtenir un couple et une vitesse donnés, avec la famille de moteur la mieux adaptée.
Cyl = C × 20π ÷ (Δp × ηm) · Q = Cyl × N ÷ (1000 × ηv)
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantDeux besoins seulement décident du moteur : la force de rotation voulue (le couple) et la vitesse. Le couple vient de la cylindrée et de la pression, la vitesse vient du débit.
🔴 ExpertLa famille proposée est un point de départ, pas une prescription. Le critère qui tranche en pratique est souvent la vitesse minimale garantie sans broutage, très différente d'une technologie à l'autre : un moteur lent à came tourne proprement à quelques tours par minute là où un moteur à engrenages décroche. Pensez aussi au drainage externe et à la tenue en pression de retour, souvent limitante sur les moteurs à pistons.
Flambage de la tige
Vérification qu'une tige longue et fine ne plie pas d'un coup sous la poussée, bien avant d'atteindre sa limite en compression.
Fcrit = π² × E × I ÷ Lf² avec I = π d⁴ ÷ 64
Calcul pour une tige pleine en acier (E = 210 000 MPa). Laissez la charge de service à zéro pour n'obtenir que les charges limites.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantUne tige fine et longue peut plier brutalement sous la poussée, comme une règle qu'on comprime. Plus la course sortie est grande, plus le risque augmente — et le flambage arrive sans prévenir.
🔴 ExpertLe montage conditionne tout via le coefficient μ : passer d'un encastré-libre à un montage articulé aux deux bouts divise la longueur de flambage par deux, donc multiplie la charge critique par quatre. Pour les grandes courses, envisagez une tige de plus fort diamètre, un tube-guide ou un vérin à double tige. Le calcul d'Euler ne tient compte ni du poids propre, ni des efforts latéraux, ni d'un défaut de rectitude initial : d'où le coefficient de sécurité, rarement inférieur à 3,5.
Rigidité et fréquence propre
Raideur du « ressort hydraulique » que forme la colonne d'huile, et fréquence propre de l'axe — utile pour comprendre les à-coups et régler un asservissement.
kh = β × A ÷ L · f = (1 ÷ 2π) × √(kh ÷ m)
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantL'huile n'est pas parfaitement incompressible : la colonne se comporte comme un ressort très raide. Plus elle est longue, plus c'est « mou », et plus l'axe oscille aux démarrages et aux arrêts.
🔴 ExpertL'air entraîné est l'ennemi n° 1 de la raideur : quelques pour cent d'air non dissous suffisent à effondrer le β effectif, et avec lui la fréquence propre. Les flexibles longs, les volumes morts et une position de vérin défavorable abaissent également f. En asservissement, visez une bande passante inférieure au tiers de la fréquence propre. Pour un vérin dont les deux chambres sont fermées, additionnez les raideurs : k = β A² (1/V₁ + 1/V₂), toujours plus élevé que la valeur d'une seule chambre.
Pertes dans les accessoires
Perte de charge des singularités — coudes, tés, raccords, appareils — que le calcul en conduite droite ne couvre pas.
Δp = Ktotal × ρ × v² ÷ 2 avec Ktotal = Σ (n × K)
Nombre d'accessoires sur le trajet :
Les coefficients K proposés sont des ordres de grandeur : dès que la donnée constructeur existe (courbe Δp = f(Q) d'un distributeur, d'un clapet ou d'un filtre), elle prime sur ce calcul.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantChaque coude, chaque raccord et chaque appareil freine l'huile et « mange » de la pression, transformée en chaleur. Multiplier les singularités sur un trajet, c'est multiplier les pertes.
🔴 ExpertLa méthode des coefficients K vaut en régime turbulent. En laminaire — huile froide, forte viscosité — elle sous-estime les pertes, et il faut revenir aux courbes constructeur. La longueur équivalente (Leq = K·d/λ) est une alternative pratique : elle convertit chaque singularité en mètres de tube, directement additionnables à la longueur réelle.
Dimensionnement du réservoir
Contenance conseillée à partir du débit de pompe, selon la règle usuelle de 3 à 5 fois le débit par minute.
V (L) = k × Q (L/min)
Prévoyez en plus 10 à 15 % de ciel d'air au-dessus du niveau maximal, pour la dilatation de l'huile et la désaération.
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantLe réservoir ne sert pas qu'à stocker l'huile : il la laisse se reposer, les bulles remontent, les impuretés se déposent et la chaleur s'évacue. Trop petit, l'huile n'a pas le temps de faire tout cela et vieillit vite.
🔴 ExpertLa règle du débit est un point de départ, pas un critère : le vrai dimensionnement est thermique — passez au bilan thermique pour vérifier que le réservoir évacue réellement la chaleur produite. Les circuits fermés (transmissions hydrostatiques) y dérogent complètement, avec des réservoirs bien plus petits puisque le fluide ne fait que compenser les fuites. Pensez aussi à la place perdue par le volume rentrant des vérins.
Puissance de thermoplongeur
Puissance de réchauffage d'un réservoir, puissance de maintien en température, et surtout vérification de la densité de puissance surfacique — le vrai critère de choix.
P = V × ρ × c × ΔT ÷ (3600 × t) · w = P ÷ Schauffante
Géométrie de l'élément chauffant :
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantUne huile froide est épaisse : la pompe peine, elle cavite, et le rendement s'effondre. Le thermoplongeur amène l'huile à température avant le démarrage en charge. Une épingle est un tube plié en U : ses deux branches chauffent, la surface compte donc double par rapport à la profondeur immergée.
🔴 ExpertNe raisonnez jamais en kilowatts seuls : c'est la densité de puissance surfacique qui décide de la durée de vie de l'huile. Au contact d'un élément trop chaud, l'huile craque, forme des vernis et colmate les filtres — un dégât insidieux, qu'on attribue souvent à tort à l'huile elle-même. Prévoyez un thermostat de régulation et un thermostat de sécurité indépendant, et asservissez l'alimentation au niveau bas : un élément non immergé grille en quelques minutes.
Conversions d'unités
Les conversions courantes de l'hydraulique, notamment face à la documentation anglo-saxonne. Saisissez d'un côté ou de l'autre : l'autre champ suit.
1 bar = 14,5038 psi · 1 L/min = 0,2642 US gpm · 1 kW = 1,341 hp
💡 Pour aller plus loin
🟢 DébutantBeaucoup de matériels et de notices utilisent les unités américaines : psi pour la pression, gpm pour le débit, SUS pour la viscosité. Ce convertisseur évite les erreurs de lecture, qui coûtent cher en hydraulique.
🔴 ExpertAttention au gallon : le gallon impérial britannique vaut 4,546 L contre 3,785 L pour l'américain, soit 20 % d'écart — vérifiez toujours l'origine du document. La conversion cSt ↔ SUS n'est pas un simple facteur : la relation n'est linéaire qu'au-delà d'environ 70 cSt, en dessous il faut la table ASTM D2161. Et le « psi » d'une documentation est parfois un psig (relatif), parfois un psia (absolu).