Moteur à cylindrée variable — transmission hydrostatique
⏱ 3 min de lectureF042 · Moteurs hydrauliques
Moteur à cylindrée variable — transmission hydrostatique
1. Définition en une phrase
Le moteur à cylindrée variable, c’est un moteur hydraulique équipé d’une boîte de vitesses intégrée et sans crans : il peut passer en continu de « lent et fort » à « rapide et moins fort ».
2. Principe de fonctionnement
Souvenez-vous du vélo : la cylindrée, c’est le braquet. Ici, on peut changer de braquet en roulant, et sans à-coups. En modifiant l’inclinaison des pièces internes du moteur (un moteur à pistons), on change la quantité d’huile qu’il consomme par tour :
- grande cylindrée : le moteur est fort mais lent — parfait pour démarrer ou tirer ;
- petite cylindrée : il tourne beaucoup plus vite mais pousse moins — parfait pour rouler.
Associé à une pompe elle aussi réglable, il forme une transmission hydrostatique : c’est ce qui remplace la boîte de vitesses et l’embrayage sur la plupart des engins de chantier et tracteurs modernes. On avance, on recule, on accélère… uniquement avec de l’huile.
3. Schéma / Symbole ISO
Le symbole du moteur (cercle et triangle vers l’intérieur) traversé d’une flèche oblique : cette flèche veut toujours dire « réglable » en hydraulique.
4. Formules et calculs clés
La règle d’échange : à puissance égale, ce qu’on gagne en vitesse, on le perd en force. Si on divise la cylindrée par 3, le moteur tourne 3 fois plus vite mais pousse 3 fois moins fort. C’est exactement le passage du petit au grand braquet.
5. Paramètres importants
- Les cylindrées maxi et mini, fixées par des vis de butée réglées en usine
- Le type de commande : bouton tout-ou-rien (2 vitesses) ou commande progressive
- La position de repos : généralement la grande cylindrée, pour avoir la force maxi au démarrage
6. Exemples concrets (terrain)
Une chargeuse qui attaque un tas de terre : moteur en grande cylindrée, force maximale. La même chargeuse qui traverse le chantier : moteur en petite cylindrée, elle roule 3 fois plus vite. Et si elle rencontre une côte, une sécurité automatique repasse le moteur en grande cylindrée pour retrouver de la force — comme rétrograder avant une montée.
7. Points de réglage / vigilance
- Ne jamais dérégler les vis de butée : une petite cylindrée trop petite peut faire s’emballer le moteur
- Dans une descente, le moteur retient encore moins la machine qu’un moteur classique : les freins mécaniques sont indispensables
- Faire vérifier le réglage de la sécurité haute pression par un spécialiste
8. Erreurs fréquentes
- Compter sur le moteur pour freiner dans une pente : c’est le rôle des freins, pas du moteur
- S’étonner de perdre de la force en petite cylindrée : c’est normal, c’est l’échange vitesse contre force
- Toucher aux butées de réglage sans connaître les limites du moteur
9. Glossaire — mots à connaître
| Terme | Explication simple |
|---|---|
| Cylindrée variable | Possibilité de régler la quantité d’huile consommée par tour |
| Transmission hydrostatique | Pompe + moteur hydrauliques qui remplacent boîte de vitesses et embrayage |
| Butée | Vis qui limite le réglage mini ou maxi de la cylindrée |
| Circuit fermé | Circuit où l’huile tourne en boucle directe entre la pompe et le moteur |
| Roue libre | Position où le moteur tourne sans consommer d’huile (cylindrée nulle) |
| Commande proportionnelle | Commande progressive, qui dose le réglage au lieu de tout-ou-rien |
| Survitesse | Emballement du moteur au-delà de sa vitesse maximale admise |
Pour aller plus loin
Voir la fiche 05.02 (le moteur à pistons axiaux, base de cette technologie), la fiche 05.05 (l’échange couple/vitesse) et la fiche 02.08 (les pompes à régulation, l’autre moitié de la transmission).